Par la volonté du peuple

Comment l’assemblée constituante est devenue révolutionnaire.

Ce livre dresse le portrait de l’assemblée de 1789, et tente de comprendre comment elle est devenue révolutionnaire.

Il s’appuie pour ceci sur une étude approfondie et détaillée des députés eux même, quels sont leur parcours, leur profils, leurs idées, à travers leurs journaux, correspondances, déclarations diverses, ainsi que sur le suivi méticuleux des séances de l’assemblée.

Il ressort de cette analyse systématique une image un peu différente de l’image d’Epinal que l’on peut parfois avoir du processus révolutionnaire, souvent forgée il y a de longues années sur les bancs de l’école et du collège : cette assemblée n’était pas tant révolutionnaire en elle-même, qu’elle l’est devenue en marchant, sous la pression des événements externes (crainte du coup d’Etat, violences populaires) et de sa dynamique interne (un constant et fort mépris d’une large partie de l’aristocratie, engendrant en retour une radicalisation d’une grande partie des députés du tiers).

Cette revue de la vie de l’assemblée a le mérite de donner la place qu’elle mérite à la contingence dans le développements d’événements historiques - contingence souvent sous-estimée dans les récits et les images que l’on peut avoir de ces événements.

Un dernier point, peut être plus anecdotique, mais qui par certains aspects résonne curieusement avec notre actualité politique (c’est un point que l’on peut également noter dans les Souvenirs de Tocqueville.) : certains traits semblent avoir une dimension presque intemporelle dans la vie politique française

Le débat le plus décisif à la fin de 1789 tourne autour de la crise financière de l’État qui persiste et qui pèse de tout son poids sur l’Assemblée tout au long de sa première année. « Le besoin d’argent arrête notre marche, observe le marquis de Ferrières. Nous sommes comme les personnages que les créanciers importuns troublent le matin dans les projets brillants qu’ils forment pour la journée. » En fait, bon nombre de députés ont de grandes difficultés à comprendre l’extraordinaire complexité du système financier de l’Ancien Régime. « Les quatre cinquièmes de ses membres n’y entendent rien », écrit le docteur Campmas, qui se sent réduit à calculer « comme une bonne femme sur ses doigts ». Mais ils comprennent vite que la crise fiscale et financière qui avait amené la chute de l’Ancien Régime pouvait à présent miner le régime révolutionnaire lui-même. Cette inquiétude générale avait été un facteur essentiel du vote du 2 novembre qui mettait les biens de l’Église « à la disposition de la nation ».

Serment du jeu de Paume

Le Serment du Jeu de paume par Jacques-Louis David.