Premier tome des Rois Maudits, le Roi de fer

— Pape Clément!… Chevalier Guillaume !… Roi Philippe !… Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment! Maudits! Maudits! tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races !…
Ainsi s’abat la malédiction de Jacques de Molay, grand maître de l’ordre des Templiers condamné à mort à la suite d’un interminable procès de sept années, sur le royaume des Capétiens.
Philippe le Bel est un monarque intransigeant, inflexible, qui semble pourtant perdre la maîtrise de son règne à la suite de cette malédiction : le Roi de fer, semble impuissant à maîtriser son destin, son entourage ; derrière sa posture froide, déterminée, se cache en réalité un très grand isolement, une très grande solitude.
En effet si le roi règne d’une main de fer, il semble pourtant impuissant à voir ce qui se passe autour de lui. Il décide sans trembler, mais la main chargée de porter le glaive ne semble pas vraiment lui appartenir : celle-ci semble parfois être portée par d’autres personnages de son entourage, gouvernement ou intime.
Ceci s’illustre à travers le rôle de différents personnages de son entourage direct, qui, s’ils le servent, suivent également peur propre agenda : Isabelle, Reine d’Angleterre humiliée dans un mariage malheureux, s’applique à révéler les secrets d’alcôve de ces belles-soeurs, provoquant leur relégation. Guillaume de Nogaret, garde des Sceaux qui aura géré le procès des Templiers, périra d’un empoisonnement habilement mené par Mahaut d’Artois, mère des deux belles soeurs disgraciées.
Ces deux affaires n’ont, en elles-mêmes, rien de surnaturel ; ce sont des vengeances et des intrigues que le roi sera pourtant tenté de lier à la malédiction initiale, le roi est aveugle. Cette cécité apparaît être le coeur de la malédiction : ce que Philippe le Bel ne sait pas expliquer, par ignorance des volontés qui se cachent derrière la série d’événements qui le frappent, il l’attribue à la malédiction

Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sur le bûcher, miniature du Maître de Virgile provenant des Grandes Chroniques de France